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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 07:10

Au travail, la différence culturelle au niveau du design est assez flagrante. Les petits parcs sont davantage des sentiers que des places, car là où nous préférons nous asseoir pour discuter après le repas, les Chinois vont marcher, car c'est bon pour la digestion. Ils vont faire des baies vitrées orientées Sud-Est mais pas Sud-Ouest (Fengshui ??). Les rendus PPT doivent être les plus techniques possibles pour que nos chers leaders se sentent importants, alors qu'en France nous aurions tendance à les vulgariser pour être sûrs qu'ils prennent les décisions en connaissance de cause.

 

Mais comme pour le badminton, le boulot offre surtout une facette de l'intérieur.

Facette.... face.... Pour vous montrer à quel point "avoir la face" est important, lorsqu'un grand grand chef arrive chez nous, tous les employés sont obligés de garer leur voiture capot face visible (et non coffre), car "c'est plus joli quand même".

 

Dernièrement, en droite ligne des grandes années du parti, notre entreprise a organisé une rencontre un peu particulière. Il s'agit d'une rencontre pour célibataires...

Imaginez des jeunes qui sont déjà pointés du doigt car ils ne sont pas mariés, ”cordialement“ invités à participer à cette rencontre, où  des jeux sont organisés en leur honneur.

Le "best of" reste le choix des participants : notre entreprise a demandé à d'autres compagnies d'y participer. Pas n'importe lesquelles, non, des "comme nous", des entreprises gouvernementales. Il faudrait pas se mélanger quand même !

 

Un retour en images de ma collègue qui a dû y participer :

 

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A la fin de ces jeux, les hommes doivent donner une rose à celle qui lui plaît. Il y en eu deux, la fille essaye alors poliment de répondre si ce n'est pas réciproque. Dommage pour celui qui en a eu le courage, qui sera la risée de ces collègues pendant plusieurs jours. Pour perdre la face, ce n‘est pas mal !

 

2014 09 3734

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 05:55

Comme j'ai eu un certain nombre d'interrogations de votre part sur mon travail, je me fends d'une petite note pour vous faire vivre mes aventures au boulot.

 

La mission de ma société, dépendante du gouvernement local, est de créer de toutes pièces une petite nouvelle ville, pour ne pas dire une ville nouvelle. Des logements, bureaux, commerces, campus, et industries sont au programme sur une surface d'environ 12 km2. Je n'ai pas les chiffres sur la densité, mais de toute évidence elle sera largement supérieure à celle connue en France ! 

 DSC00113

Vous avez dit : transport de terre ?!

 

Par contre, l’Ecopark étant un projet stratégique entre la Chine et l'Allemagne, nous avons quelques particularités à suivre. D'abord, l'urbanisme global est réalisé par une entreprise allemande, ce qui est un atout non négligeable pour la suite des opérations et surtout me permet de me sentir un peu en terrain connu.

 

Ensuite, un des quartiers tente la médaille d'or de la certification allemande DGNB (équivalent à peu près à notre HQE pour les experts). Les exigences sont très élevées, bien sûr, alors en Chine, cela me semble un peu mission impossible, mais du coup le boulot est aussi intéressant : comment faire de la concertation dans une société où tout vient d'en haut sans être discuté ? dans un no man's land où le public actuel est constitué de quelques villageois ?

Un beau challenge !

 

Ce qui est aussi déroutant, c'est leur timing. Le design n'est pas encore validé que les trous d'excavation voire plus sont déjà lancés ! Lors de visites de chantier, j'ai pu constater que tout, oui tout, est fait sur place. Exemple : les échafaudages viennent de barres de fer découpées sur place, assemblées avec un fil de fer lui-même découpé sur place et peintes en utilisant une brouette comme mélangeuse de couleurs. C'est ce qu'on appelle travailler avec de la matière première.

 

DSC00092La construction made in China

 

Pour ma mission à proprement parler, elle consiste à vérifier que les aménagements paysagers suivent les exigences fixées, auxquelles je rajoute souvent des critères plus qualitatifs pour une touche européenne. Ce côté un peu plus perfectionniste demande un certain argumentaire, car comme en France, si on peut en faire moins, mieux c’est.

Ces aménagements peuvent être des espaces verts au sein de résidences, des coulées vertes ou encore des bords de route. J’ai également en charge l’aménagement de la place centrale d’un quartier. 

 

 

7Imaginez derrière cette bâche verte, des buildings de 20 étages

 

L’environnement de travail est plutôt sympa, les collègues sont très patients avec moi et mon chinois bredouillant. Deux "camarades" parlant anglais me dépannent régulièrement ; et je me débrouille de mieux en mieux avec les deux paysagistes avec qui je travaille principalement (le niveau de départ étant assez bas !).

L’intégration n’est quand même pas aisée, non seulement du fait de la langue, mais aussi des avantages que j’ai par ailleurs (plus de vacances, samedi non travaillé, …).

 

La productivité reste normale, en dehors :

- des jours suivant un rendu où après nos remarques, nous sommes en attente du retour du sous-chef, de la réunion avec le chef, du coup de fil de l'archi... Bref, une journée de boulot et 5 minimum d'attente avant de pouvoir s'y remettre,

- des jours précédant le nouvel an chinois, où là, j’avoue que c’est animé dans l’open space et ça ne cause pas de boulot !

 

D'ailleurs, ça y est, on part nous aussi vers de nouvelles aventures.

La suite avec un peu plus de soleil et de chaleur !

 

XIN NIAN KUAI LE!

新年快乐!

 

PS: après les journaux, j'ai aussi eu droit à la télé de Qingdao dimanche sur mon boulot précédent (exposition internationale d'horticulture). Alors si vous voulez vous fendre la poire, en regardant Marilyn bougée des mains, parlée avec un bel accent français... c'est par ici :

http://live.qtv.com.cn/getPublishedChannelProp.do?tqChannel.channelId=1

- à droite - choisir le programme de 18:45

- aller à 6:26 pour profiter de ces 3 minutes.

Même pas honte !!!!

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 06:25

Voilà : ce matin-là, j’étais en salle de réunion avec mon responsable Sécurité et ma responsable RH, quand nous avons entendu l’explosion. Notre premier réflexe a été de nous ruer dehors, car nous pensions que ça venait de chez nous. Rapidement, nous avons vu des volutes de fumée monter depuis la direction de Lidong, une usine réputée pour faire des produits dangereux (pour mes anciens condisciples : benzène, toluène…)

 

Immédiatement, nous avons appelé le Bureau local de la Sécurité pour nous informer de ce qui se passait. Aucune information. Nous aurons des instructions en temps utile. Nous appelons tous les quarts d’heure (et je dois forcer le responsable sécurité à le faire). Aucune information. Aucune instruction. Bien que le vent ne souffle pas dans notre direction, je suis un peu désemparé. Faut-il évacuer ? Que font les usines voisines ?

 

Rapidement, nous apprenons sur internet et par téléphone que l’explosion a eu lieu dans la petite ville voisine de Huangdao, à 3 kms de l’usine. Mes collègues y habitant téléphonent à leurs proches, heureusement pas de souci de leur côté, mais nous ne connaissons pas du tout les causes de l’explosion, et surtout s’il y a toujours des risques. Marilyn, qui n’est pas très loin, m’appelle pour vérifier que je vais bien, et en bon adjoint au chef d’îlot pour la sécurité des Français, j’appelle les copains à proximité pour leur donner des nouvelles.

 

Nous voyons des photos horribles. Une tranchée s’est ouverte en plein milieu d’une rue passante, renversant tout de chaque côté, avec des dégâts énormes. Lidong, l’usine de chimie, ne paraît pas touchée, il s’agirait d’un pipeline qui aurait explosé. J’appelle mes voisins immédiats, qui attendent paisiblement que ça se passe et qu’on leur dise quoi faire. Je sais que des sociétés étrangères ont évacué par mesure de sécurité.

 

Toute la journée, nous quémandons les informations, sans retour. Nous entendons les sirènes incessantes des pompiers passant devant l’usine. Nous n’avons pas d’électricité, pas de vapeur de chauffage. Petit à petit, nous avons suffisamment d’information pour nous rasséréner, mais nous ne savons toujours pas si le danger est complètement écarté. En fin de journée, un vendredi soir, nous vidons les lieux, usine arrêtée, équipe de crise constituée pour le week-end. L’électricité aura été rétablie le soir, mais la zone de l’explosion aura été isolée pendant une bonne semaine, et nous n’aurons pu redémarrer l’usine qu’après 10 jours.

 

Nous n’aurons jamais les faits exacts. Mais la raison de l’explosion est une fuite de pétrole dans un égout souterrain que longeait le pipeline. La fuite avait été signalée dans la nuit, et c’est en intervenant pour la réparer que l’explosion s’est produite.  L’atmosphère du souterrain où se trouvaient l’égout et le rack de canalisations a dû être saturée de vapeurs de pétrole, c’est pourquoi le tronçon a explosé sur toute sa longueur, la longueur de la rue.

 

2013-11 1529

 

2013-11 1491

  

Bilan : plus de 60 morts et 130 blessés déclarés. Une catastrophe. C’était le moment le plus traumatisant pour moi depuis le début de notre séjour en Chine (avec les violences antijaponaises de septembre 2012.) Je me demande toujours si j’aurais dû ou non faire évacuer l’usine, ce qui n’était pas nécessaire après coup, mais qui peut savoir d’avance ? Je me suis réfugié dans mon habituelle et confortable confiance aux autres, en l’occurrence le gouvernement.

 

Le gouvernement, qui n’a pas fait évacuer la zone alors que l’oléoduc court sous une rue du centre de Huangdao. Le gouvernement, qui ne nous a donné aucune instruction sur les causes de l’accident ni les risques immédiats. Le gouvernement, qui s’est empressé comme d’habitude de nous demander dès le soir un « self assessment » de notre usine, un rapport à rendre dès que possible, vu que le grand patron lui-même allait se pointer pour se rendre compte des dégâts. 

 

Rumeurs : la fuite aurait été signalée à Sinopec, le numéro 1 chinois du pétrole, société d’état bien sûr, par l’usine (à capitaux coréens) de Lidong plusieurs jours auparavant. Sinopec et les gens du gouvernement n’ont rien fait avant le matin du 22 novembre, lorsque la fuite a commencé à se déverser dans la mer. 7 cadres de Sinopec et 2 membres du gouvernement de Huangdao ont été arrêtés.

 

A ce genre de problème, on se rend compte à quel point la route est longue avant que la Chine ne mérite le statut de superpuissance qu’elle revendique.

 

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 11:06

Pour l'instant, encore rien d'officiel, je ne fais pas partie de la population active (on ne parle pas de retraite !)...

Je m'occupe du suivi de chantier d'un pavillon pour le salon international d'horticulture de l'année prochaine. Le site est énorme et c'est très intéressant de le voir évoluer.

 

Pour le suivi de chantier en lui-même, c'est comme en France, les entreprises rechignent à faire ce qu'on demande, à donner des échantillons... Bref, heureusement qu'une interprète est là pour arrondir les angles, négocier et traduire le vocabulaire technique. Il faut dire qu'il ne s'agit pas uniquement du jardin mais aussi du pavillon en lui-même. Mon lexique en architecture est en train de se développer à vitesse grand V. Pour les visites de chantier à venir, je serai seule avec eux et j'espère que mon niveau de chinois sera suffisant.

 

Les premières réunions visaient à avancer sur les échantillons en attendant la venue des concepteurs français. C'est comme si nous n'avions rien fait... C'est un peu rageant par moment, mais au vu de la superficie du site, on comprend également qu'ils soient soumis à beaucoup d'aléas.

 

Toujours est-il que les visites de chantier vont être plus nombreuses que prévues, car dès qu'on a le dos tourné, des arbres quasi morts par ci, un compteur d'eau par là, ... Nous n'avons non seulement pas la même idée de la "finition" mais surtout pas les mêmes techniques (j'appréhende le béton désactivé à la chinoise...).

Les plantations auront vraisemblablement lieu cet été où l'humidité est la plus importante et malheureusement... où l'on sera en France ! ça promet !

 

Sinon, j'ai une autre piste dans un bled à 3-4h de route de Qingdao, pour y faire une sorte de club pour riches sur le thème du vin. J'ai vu le site cette semaine et on se demande pourquoi ils l'ont choisi... Je vois la cliente la semaine prochaine, on va essayer d'y voir un peu plus clair sur les espaces extérieurs. Si nous (cabinet de construction et moi) sommes choisis, nous devrions commencer à la rentrée.

 

J'espère me faire connaître au fur et à mesure. A défaut d'être embauchée localement, j'envisage peut-être de me mettre à mon compte. Mais pour cela, je dois gagner plus que ce que me demande une société pour se charger de tous les papiers...

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 10:43

Il fallait quand même que j'en fasse une sur ce thème !

Je crois que le plus grand fossé entre la France et la Chine réside dans la ... main d'oeuvre à bas prix (quelle surprise !).

Concevoir de nouveaux espaces sans avoir la sempiternelle requête : "des aménagements, des plantes oui, mais sans entretien ! Nous n'avons personne pour entretenir ces espaces !", c'est possible en Chine.

 

Au Pays du Milieu, MEI WENTI (pour ceux qui ont suivi), non seulement nous avons les moyens (de vous faire parler...euh, je m'égare) de mettre 50 personnes sur le bord de la route pour planter et entretenir mais en plus, ça tombe bien, on ne sait pas quoi en faire. Enfin, c'est le sentiment que cela donne, vu la lenteur du rythme. Ici, le nombre compense la vitesse ! Il faut dire aussi que la moyenne d'âge dépasse les 50 ans !

 

Les matériaux suivent le même principe. On se retrouve alors avec des revêtement de sol de toute sorte : "vas-y, mets des galets là, et puis du carrelage ici, pourquoi ne pas rajouter des pavés après....". 

Idem pour les arbres : "pourquoi mettre des petits arbres et attendre qu'ils grandissent  quand on peut mettre des hautes-tiges ? pourquoi suivre la densité habituelle et attendre (quel gros mot !) leur développement optimal, quand on peut faire une forêt dense en une nuit ?..."

 

Peut-être... pour éviter que les arbres se retrouvent allongés au milieu de la chaussée... peut-être...

A force de les voir par terre, ils ont trouvé une solution :

arbre 3765

 

arbre 3766

Ils ont les mêmes pour les arbres de haute-tige

 

Au lieu de faire des fosses de plantation dignes de ce nom et de laisser les végétaux se développer à leur rythme, ils les protègent... Nous avons ainsi chaque hiver quand le vent est à son summum des arbres bâchés, des maisonnettes, bref un paysage... changeant !

L'autre solution est de mettre des tuteurs, et ce, de plus en plus... jusqu'à ce qu'on ait l'impression d'avoir une forêt de tuteurs et non d'arbres !

arbre 3770

 

 

Vous l'aurez compris, les possibilités et moyens sont multiples. Par contre, la réalisation est souvent bâclée, les chinois n'étant pas exigeants en terme de finition ou inadaptée, comme mettre une mince couche de carrelage sur un parking supportant leurs gros 4x4. Cela donne une impression de "jamais neuf, jamais fini" !

D'une manière générale, quel que soit le domaine, les Chinois préfèrent réparer plutôt que d'étudier la cause de leurs problèmes.

 

Tout cela pour dire que j'aimerais bien découvrir cela de l'intérieur, travailler à leur contact et voir si tous nos ressentis sont justes ou simplement malveillants :-)).  

 

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